Rendement du portefeuille versus performance gestionnaire

La présente rubrique vise à expliquer les déterminantes du rendement et à fournir un schème de référence à nos clients pour leur permettre de poser un jugement sur l'attrait ou non de celui-ci pour une période donnée.

La fonction du rendement

Le rendement d'un portefeuille de placements est le taux par lequel celui-ci s'est enrichi au cours d'une période donnée. Un portefeuille de 100 000 $ au 1er janvier qui progresse à 112 000 $ au 31 décembre aura connu un rendement de 12 %. Un portefeuille de 100 000$ au 1er janvier qui augmente à 104 000 $ au 30 juin aura performé au rythme de 4 % en six mois ou l'équivalent de 8,2 % annuel composé (soit un taux de 4 % composé pour deux périodes).

Le rendement vise l'enrichissement du détenteur de placements. Par contre, cet enrichissement n'est qu'apparent s'il n'est pas obtenu en excédent de deux facteurs qui le grèvent : l'inflation et les impôts.

L'inflation

Le passage du temps a pour effet de rendre plus dispendieux le coût des biens et services que vise à éventuellement acheter un portefeuille. L'inflation moyenne au Canada au cours des derniers 15 ans a été d'environ 3,0 %. En d'autres mots, ce qui coûtait 100 $ il y a 15 ans coûte 156 $ 15 années plus tard. Ainsi, un portefeuille de 100 000 $ investi il y a 15 ans qui vaudrait 156 000$ 15 années plus tard n'aurait procurer à son détenteur aucun enrichissement réel car le capital disponible ne pourrait acheter plus de biens ou services qu'il y a 15 ans.

Par conséquent, afin de vérifier l'attrait d'un rendement nominal sur un portefeuille de placements, il faut d'abord s'interroger sur l'inflation qui a prévalu au cours de la période. Par exemple, le rendement annuel d'environ 11% obtenu durant les années '90 par notre client-type se compare à une inflation annuelle moyenne de 2 %, un écart de 9 %. Cette prime est exceptionnellement élevée sur une base historique où la norme depuis une cinquantaine d'années est plutôt de l'ordre de 3-4 %. Ceci veut dire que le portefeuille de nos clients s'est apprécié à un rythme permettant une importante création de richesse.

Ce qui précède aura permis de réaliser qu'il est préférable d'obtenir un rendement de 7 % sur un portefeuille alors que l'inflation est à 3% (rendement réel de 4 %) que de faire du 12 % quand l'inflation est à 10% (rendement réel de 2 %).

Les impôts

Les deux paliers de gouvernement sont des partenaires privilégiés aux succès des placements de nos clients, accaparant bien souvent près de 50 % de la plus-value des portefeuilles. Puisque seulement la portion du rendement qui est nette des impôts afférents est disponible pour fins de consommation ou d'enrichissement, il est important de comprendre l'impact des impôts sur le rendement.

Comme la plupart de nos clients le savent, l'imposition des revenus d'intérêt, des dividendes et des gains en capitaux ne se font pas au même niveau. Par exemple, seulement 50% des gains en capitaux sont imposés alors que 100% des revenus d'intérêt sont taxés. Ainsi, le portefeuille composé de 100% de titres à revenus d'intérêt qui a connu une performance de 10% au cours d'une année aura réellement moins bien fait que celui ayant procuré le même rendement mais constitué de 50% en actions ordinaires.

L'inflation et les impôts

L'exemple qui suit illustre l'effet énorme qu'ont l'inflation et les impôts sur la capacité d'un portefeuille de générer un enrichissement à son détenteur.

Hypothèses  
Inflation annuelle : 2,5%  
Rendement sur placements : 7,5%  
Impôts sur placement : 50%  
Capital d'investissement : 100 000$  
Téléviseur couleur, coût : 1 000$  

 

Analyse An 0 An 1 An 5 An 10 An 20
Valeur du portefeuille, après impôts sur placement 100 000$ 103 750$ 120 210$ 144 504$ 208 815$
Coût du téléviseur couleur 1 000$ 1 025$ 1 131$ 1 280$ 1 639$
Nombre de téléviseurs que peut acheter le portefeuille 100  101 106 112 127

Après cinq ans, l'enrichissement réel, net des impôts et de l'inflation, a été de seulement 6% ; 12% après 10 ans et 27% après 20 ans. Ainsi, même avec un rendement réel sur placement de 5,0% (rendement brut de 7,5% moins inflation de 2,5%) qui est supérieur à la norme des derniers 50 ans, le pouvoir d'achat du portefeuille n'augmente que de 1,25% par an.

Les composantes du rendement

Le rendement d'un portefeuille de placements au cours d'une période donnée dépend de deux considérations : (1) le rendement des diverses composantes du portefeuille et (2) le poids de chaque composante au sein du portefeuille.

Chaque gestionnaire de portefeuille structure le portefeuille de ses clients selon un modèle ou un autre. Le groupe Dalpé-Milette utilise le format simplifié suivant :

Titres à revenus fixes
1. Canada XX%  
2. Titres libellés en devises étrangères XX% XXX%
Titres de participation (actions ordinaires)
3. Canada XX%  
4. USA XX%  
5. International XX% XXX%
    XXXX%

La performance du portefeuille d'un client dépendra du rendement de chacun des titres au sein des catégories 1 à 5 et du poids que chaque catégorie occupe au sein du portefeuille. Par exemple, si les titres à revenus fixes génèrent 8% au cours d'une année, les titres de participation 13% et que la proportion des deux a été de 60% / 40%, le portefeuille aura réalisé un rendement global de 10%.

La structure d'un portefeuille pour un client est d'abord fonction des objectifs de placement et du degré de volatilité/risque souhaité par celui-ci. Un client rentier dont l'objectif de placement est de produire des revenus réguliers aura un portefeuille constitué principalement d'obligations. Ainsi, le rendement annuel de son portefeuille sera surtout déterminé par la performance générale des titres à revenus fixes au cours de la période, elle-même fonction des variations de taux d'intérêt. Pour ce client, il sera donc non-pertinent de comparer le rendement de son portefeuille au TSX/SPX, indice boursier canadien. L'indice obligataire bien connu DEX Univers fera un bien meilleur standard.

Afin de comparer la performance de son propre portefeuille à celle d'alternatives de placement, il est indispensable de s'assurer que ces alternatives sont compatibles avec son objectif de placement et respecte le niveau souhaité de volatilité/risque. Par exemple, il nous arrive d'entendre nos clients comparer la performance de leur portefeuille qu'ils souhaitent conservateur à celle de tel fonds d'investissement investi en actions de sociétés biotechnologiques qui a bien fait dernièrement. Bien qu'un portefeuille conservateur puisse contenir un certain pourcentage (5% peut-être) dans un tel fonds, il n'est pas approprié de comparer la performance d'un portefeuille ayant 5% de titres agressifs à celui qui en compte pour 100%. En placement comme ailleurs, il faut comparer les pommes entre elles, et les oranges entre elles.

La performance du gestionnaire de portefeuille

Pour évaluer le travail du groupe Dalpé-Milette dans la gestion de votre portefeuille, il s'agit de comparer sur une période suffisamment longue (minimum 3 ans) leur performance à celle d'autres gestionnaires compétents gérant des portefeuilles aux mêmes objectifs de placement et avec les mêmes contraintes de volatilité/risque que les vôtres. Cet exercice est en soi peu simple car il existe de nombreuses subtilités qui rendent la détermination des objectifs de placement et du caractère de volatilité difficiles à mesurer.

Malgré ces difficultés, il existe certains paramètres qui peuvent être utilisés pour vérifier la compétence d'un gestionnaire comme nous. D'ailleurs, nous effectuons cet exercice chaque mois depuis 1998. Nous avons mis sur pied une banque de données qui cumule depuis ce temps une série de statistiques financières sur la performance d'une foule d'alternatives de placement disponibles à tout investisseur. De plus, nous utilisons les informations publiées mensuellement sur la performance des meilleurs gestionnaires de fonds d'investissement et de caisses de retraite. Le but de ces efforts est de vérifier deux éléments : (1) notre performance à bien gérer (ou à faire gérer) chacune des cinq catégories d'actifs de notre portefeuille modèle et (2) notre succès à suggérer des pondérations adéquates entre ces catégories d'actifs à chaque année, compte tenu des objectifs de placement et du profil de volatilité/risque souhaité.

Un tableau inclut dans chacune de nos Lettres trimestrielles de fin d'année donne une indication du genre de données que nous utilisons et qui sont disponibles à tous afin de comparer la performance des portefeuilles confiés à notre gestion à celle d'autres alternatives de placement. Cette analyse vise à vérifier trois éléments : (1) l'enrichissement réel qu'a permis de créer la plus-value du portefeuille, (2) l'attrait de la gestion de portefeuille dynamique et éclairée, et (3) la compétence comparative de notre gestion par rapport à celle d'autres gestionnaires chevronnés.

 

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